Un Évènement Historique

La Bataille de Châteauneuf - 3 décembre 1870
Général Camille CREMER

Vers la fin novembre 1870, l'Armée des Vosges présente en Bourgogne tente de reprendre DIJON, tombée le 31 octobre 1870 aux mains des prussiens. Cette armée attaque la ville du 25 au 27 novembre 1870 mais échoue face aux unités du Général VON WERDER.
L'Armée des Vosges opère alors sa retraite sur AUTUN, pourchassée par la brigade badoise du Général VON KELLER.
Quelques jours plus tard, une bataille se déroule à AUTUN, le 1er décembre 1870, qui voit l'échec de la colonne VON KELLER pour s'emparer de la ville.
Pour éviter de se retrouver isolé en territoire hostile, loin de sa base de DIJON, le Général VON KELLER ordonne la retraite sur cette ville et quitte AUTUN.

C'est alors que CHATEAUNEUF EN AUXOIS va entrer dans l'Histoire.

Tout commence avec l'arrivée d'un nouveau commandant en chef des armées françaises dans le secteur. Le jeune général Camille CREMER, âgé de 30 ans à peine, désigné par GAMBETTA en personne pour remettre de l'ordre dans le commandement des troupes françaises en Bourgogne, va, à la tête de sa brigade d'infanterie formée à CHAGNY le 23 novembre 1870, décider de barrer la route du côté d'ARNAY LE DUC à la colonne VON KELLER alors en pleine retraite d'AUTUN à DIJON.
La Brigade CREMER quitte ses cantonnements de CHAGNY, BEAUNE et NUITS SAINT GEORGES pour se porter le 2 décembre 1870 dans le secteur de BLIGNY SUR OUCHE.
Dans cette localité, le Général CREMER établit son quartier général au château de l'ancien maire, Monsieur Moreau, qui lui indique une dizaine d'habitants capables de servir d'éclaireurs.
À 2h30 dans la nuit du 2 au 3 décembre 1870, le Général CREMER apprend grâce à Paul BOUCHARD et à ses éclaireurs que la colonne VON KELLER est divisée en plusieurs unités bivouaquant entre MACONGE, VANDENESSE EN AUXOIS et SAINTE-SABINE et que l'ennemi ne sait rien de la présence proche de l'Armée française.
Après avoir réuni son Etat-major et expliqué son plan d'attaque, le Général CREMER part immédiatement occuper les hauteurs de CHATEAUNEUF EN AUXOIS.
A CHATEAUNEUF, CREMER fait installer ses batteries d'artillerie qui prendront de flanc les unités badoises de VON KELLER de leur descente de MEILLY SUR ROUVRES jusqu'à VANDENESSE et au moment de leur franchissement du pont du canal pour prendre la direction de la vallée de COMMARIN.
Le Général CREMER fait monter ses canons à bras d'hommes compte tenu du temps épouvantable qui règne sur la région et qui a transformé les pentes raides d'accès à CHATEAUNEUF en pistes verglacées impraticables pour les chevaux.
L'Artillerie du Général CREMER sera protégée par l'infanterie de la 1ère Légion du Rhône commandée par le Colonel CELLER.
Le Général CREMER donne l'ordre à un autre de ses subordonnés, le Colonel Ferrer, d'emmener la 2e Légion du Rhône attaquer les prussiens bivouaquant à SAINTE-SABINE puis, de là, rejoindre MACONGE qui domine la vallée de la VANDENESSE afin de prendre l'adversaire en étau.
Enfin, le Colonel POULLET, Chef d'Etat-Major de la Brigade CREMER, est supposé rester en retrait avec des unités d'infanterie en réserve dont le Bataillon des Volontaires de la Gironde commandé par le Chef de Bataillon CARAYON-LATOUR.
Les opérations débutent mal car le Colonel FERRER, chef de la 2ème Légion du Rhône, qui a des problèmes à établir la discipline nécessaire dans ses troupes, est en retard à son départ de BLIGNY SUR OUCHE.
Quand il arrive à SAINTE-SABINE, les prussiens en sont déjà partis pour rejoindre leurs camarades à VANDENESSE qui sont en train de franchir l'actuel pont sur le canal pour prendre la direction de la vallée de COMMARIN qui mène à DIJON.
Il n'était dès lors plus possible d'attaquer chaque troupe séparément comme c'était le plan initial du Général CREMER.
Il est 7h00 du matin en ce 3 décembre 1870 et la bataille de CHATEAUNEUF commence véritablement. Le Général CREMER va ordonner l'ouverture du feu à l'ensemble de ses pièces d'artillerie. L'Artillerie française va tirer plus de 400 coups de canon durant douze heures d'affilée... De son côté, le Colonel POULLET, qui entend la canonnade de CHATEAUNEUF depuis SAINTE-SABINE, va rallier VANDENESSE au plus vite.  Le Général prussien VON KELLER comprend le piège que le Général CREMER lui a tendu mais il est trop tard pour lui. Les badois vont tenter alors de faire taire les batteries françaises, d'abord par leur propre artillerie puis en lançant dans la fournaise deux de leurs régiments d'élite, les 5ème et 6ème régiments d'infanterie qui se sacrifieront en vain sur les pentes abruptes balayées par les obus et les balles des fusils chassepot de la "FESTUNG" CHATEAUNEUF. KELLER bat finalement en retraite, poursuivi par la 2e légion qui fait quelques prisonniers et s'empare des bagages des troupes ainsi que de cinq ou six voitures transportant du pétrole.   
Cette bataille verra 120 Prussiens prisonniers et environ 400 tués ou blessés ; du côté français on aura perdu environ 16 morts et 35 blessés.
Du propre dire du Colonel POULLET, le désastre des badois eût été encore plus grand si le Colonel Ferrer avait été à l'heure, car la majorité des prussiens attaqués aura pu finalement s'échapper pour se retrancher dans Dijon.


Il n'empêche, cette victoire de CHATEAUNEUF est au plan tactique un succès incontestable de la Brigade CREMER qui fera la démonstration que la campagne militaire en Bourgogne ne faisait que commencer."

 ©Dossier Patrick SERRE

Le 25 Mai 2019, la rue du Général Cremer a été inaugurée dans le village afin de rendre hommage au héros de la Bataille de Châteauneuf du 3 décembre 1870.