Châteauneuf: Portrait et Histoire

 

Portrait

 

Comment décrire au plus juste le village de Châteauneuf...?

 

Les Castelnoviens vous donneront peut-être une version différente de celle des résidents secondaires ou des visiteurs de passage. Mais tous s'accordent à dire qu'il fait bon vivre sur cet îlot empreint d'une certaine sérénité. Ses points de vue sont des tableaux, ses forêts sont reposantes et revitalisantes et ses ruelles hors du temps marient en toute harmonie les fleurs et les pierres ... Et quand a lieu une fête de village, les sourires et la bonne humeur des habitants attablés dans les halles font chaud au cœur.

 

On ne se lasse pas de flâner dans ses vieilles ruelles étroites aux couleurs changeantes tout au long de la journée, au fil des saisons...

        Châteauneuf au printemps quand rejaillissent ses roses, fleurissent ses iris, bourgeonnent ses vignes dans les cours et les jardins ...

        Châteauneuf en été,  préservé des grandes chaleurs par les imposants murs de pierre de ses maisons classées,  au détour de ses ruelles parées de roses trémières, à l'ombre de ses tilleuls centenaires, là où il fait bon écouter le silence de midi entrecoupé du piaillement des moineaux et du clapotis de la fontaine ...

        Châteauneuf en automne, lorsque la nature et les vallées explosent de couleurs, au gré des longues promenades le long du canal de Bourgogne...

        Châteauneuf en hiver, endormi sous le givre et bercé par le craquement de ses feux de cheminée ...

 

C'est ainsi que Châteauneuf a su résister au tourisme de masse et a conservé son caractère authentique.

A vous de le découvrir et de le vivre ...

 

Histoire

 

Dans son "Guide du Touriste" sur Châteauneuf et Vandenesse, l'Abbé Landrot, curé local, écrit en 1927:

"Du treizième au dix-neuvième siècle, Châteauneuf fut un bourg important de l'Auxois; il n'est plus, aujourd'hui, qu'un petit village en ruines."

Heureusement, en 2018 le village n'est plus en ruine, bien au contraire. Au cours de ses près de 1300 ans d'existence, celui-ci a eu des hauts et des bas et sa population a varié de 60 à plus de 500 habitants selon les époques (524 en 1826).

C'est en 696 que dans des écrits religieux d'Autun apparait pour la première fois le nom d'un village situé sur l'actuelle commune de Châteauneuf: "Tavignaco". Ce n'est qu'au XIIème siècle, vers 1175, que la construction d'un "Novum Castrum", un "château neuf", fut achevée par Jean de Chaudenay pour son fils. Aujourd'hui encore le "vieux" château paternel surplombe le village de Chaudenay, à quelques kilomètres.

 

En raison de sa position stratégique entre Dijon et Autun, Châteauneuf s'est fortement développé durant le moyen-âge. Sous la tutelle du seigneur Jean 1er de Châteauneuf le commerce fleurissait et de belles  maisons de marchands furent construites en son sein. C'est au mois d'avril 1267 que le seigneur Jean III de Châteauneuf se signala par l'affranchissement des habitants du bourg qui furent appelés les "francs-bourgeois de Châteauneuf". Il publia une charte accordant l'affranchissement de mainmorte, de formariage et de serve condition. Il les délivrait par ce fait de la taille à volonté, ne les laissant plus soumis qu'à une redevance annuelle fixe portant sur la terre et non plus sur la personne.

Télécharger la Charte de Franchise de Châteauneuf de 1265:

Charte de Franchise Chtn.pdf
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Dès le XIVème siècle, le bourg devint très actif sur le plan commercial. Deux foires sont octroyées par le Duc Eudes IV, en faveur de Guyot de Châteauneuf en 1347; deux foires sont octroyées par le Duc de Bourgogne Philippe Le Bon, en faveur de Philippe Pot en 1459. A la fin du XIXème siècle il y avait six foires par an: les 2 janvier, 28 février, 9 avril, 8 juin, 23 août et 8 novembre. En outre un marché avait lieu tous les lundis.

L'activité commerciale soutenue de Châteauneuf au cours des siècles passés peut s'expliquer par la sécurité apportée par la présence du château et le bourg protégé par une enceinte, accessible seulement par trois portes.

Cette activité peut s'expliquer également par la situation exceptionnelle du bourg: point de rencontre de trois régions économiques complémentaires, peu éloignées les unes des autres. Les échanges de produits se faisaient entre le vignoble de la région de Beaune, la région de la montagne avec ses grandes et épaisses forêts pour le bois et le charbon de bois comme combustible, et le pays d'Auxois pour ses productions animales et agricoles, notamment le blé. Il faut signaler également que le bourg de Châteauneuf était une étape sur un des nombreux chemins que les pélerins empruntaient pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans le bourg subsistaient les ruines de l'Hôtel de Mépartistes qui accueillait autrefois les pélerins.

 

Si de nos jours, la plupart des plus vieilles maisons encore en place ne datent que du XVème siècle, il ne faut pas autrement s'en étonner dès lors que l'histoire mentionne un "violent incendie qui détruisit la plupart des bâtiments" dans les temps qui suivirent la mort de Catherine soit sensiblement au début de la seconde moitié de ce XVème siècle. Aussi comprenons-nous mieux pourquoi, mis à part quelques vestiges ou rares maisons, dont les origines sont présumées du XIVème siècle, il n'existe plus grand chose de ce que fut le village sous les "Châteauneuf".

On remarquera dans le village de nombreux vestiges et fragments d'architecture ancienne des XIVème, XVème, XVIème, XVIIème, XVIIIème siècle, ainsi que de belles demeures d'époque, certaines avec tourelles sur la rue, sculptures et blasons rappelant les propriétaires. La plupart ont appartenu à des riches marchands bourguignons ou à des membres importants de l'entourage de Philippe Pot, Gouverneur des Flandres. Nous pouvons citer les noms de quelques propriétaires de ces anciennes demeures:

Les BICHOT (famille anoblie en 1627), le blason représente une biche assise sur un os brisé.

Les BERBISEY, sous un cadran solaire le blason représente une brebis couchée.

Bien d'autres maisons méritent l'attention, en particulier celles avec échoppes et pierres d'étal. L'échoppe située dans le bas de la Grande Rue était autrefois celle d'un potier d'étain.

 

Quelques maisons du village (cliquer pour agrandir):

 

Le nom des diverses places témoigne des foires passées : place du marché, place aux cochons, place aux boeufs, place aux chevaux, place aux moutons, ainsi que la grange aux ânes, bien que cette dernière n'est probablement pas de rapport avec ces animaux mais soit plutôt une déformation du nom de l'ancien propriétaire "Lauzanne", d'où à l'origine "Grange Lauzanne".

 

Au delà de la porte Nord du village, qui portait autrefois un blason avec l'inscription "Tout bien à Vienne", (le Comte Charles de Vienne se rendit acquéreur du château le 28 septembre 1627 pour la somme de 66000 livres), la voie romaine (Grand Chemin de Châteauneuf à Dijon) prend naissance sur la Chaume et permet d'accéder à l'ermitage de Saint-Julien (aujourd'hui en ruines) fondé en 1301 pour recueillir et soigner les lépreux, ensuite les pestiférés de Solle et de Châteauneuf.

 

 

Il est bien difficile de connaître l'importance de la population au Moyen-Age. On l'estime généralement à plus de 500 habitants. En 1775, il y avait 86 feux. (Un feu représente au moyen-âge le nombre d'habitants dans un foyer. Les historiens ont adopté une moyenne allant généralement de 4 à 5 personnes par feu. Ici on a une moyenne de 3,1 habitants par feu. Ce type de dénombrement a été abandonné en 1790). Le recensement indiquait, en 1826: 524 habitants, en 1859: 377 habitants, en 1990: 86 habitants, en 2017: 93 habitants.

 

En 1762 il y avait à Châteauneuf : Recteur d'école (1), Laboureurs (12), Marchands (4), Cordonniers (4), Bourreliers (1), Vieille fille (1), Boulangers (3), Chirurgiens (2), Sergents (2), Charrons (2), Peigneur de chanvre (1), Menuisiers (3), Huilier (1), Manouvriers (10), Tailleurs d'habits (1), Garde de chasse (1), Notaires royaux (2), Greffier (1), Vivandier (1), Maréchaux (ferrants) (2), Meunier (1), Tanneur (1), Pâtre (1), Tissiers (tisserands) (4), Couvreurs de laves (2), Veuves (4), Boucher (1), Mendiants (12).

 

Quelques détails de façades (cliquer pour agrandir)

 

Pendant la 1ère République en septembre 1792, Châteauneuf prend le nom de Montfranc et est élevé au rang de chef-lieu de canton du district d'Arnay. On est surpris par le déclin du village. Il s'explique par la condition modeste de la population, composée de petits paysans et manouvriers avec des familles nombreuses. Ils vivaient difficilement sur leurs petites terres.

L'exode rural a commencé au XIXème siècle, provoqué par la construction du canal de Bourgogne et des réservoirs entre 1822 et 1838 et ensuite par la construction des lignes de chemin de fer et leur mise en service à partir de 1850.

 

Depuis près de 885 ans donc le village de Châteauneuf, tel qu'il s'est développé après la construction du château, domine la vaste plaine de l'Auxois.

© Photo: Frédéric Chomard

 

Le village au 19ème et 20ème siècle:

 

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