Le château de Châteauneuf

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       © photo: Frédéric Chomard

 

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Jours d'ouverture, tarifs,

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Château de Châteauneuf, F-21320 Châteauneuf
Tel.: +33 (0)3 80 49 21 89, Fax: +33 (0)3 80 49 25 96
chateau.chateauneuf@bourgognefranchecomte.fr

 

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HISTOIRE DU CHÂTEAU

 

Textes tirés de l'ouvrage "Le Château de Châteauneuf en Auxois", juin 2017, édité par la Région Bourgogne-Franche-Comté.

Photos sous licence de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

Avec l'aimable autorisation du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté et de Virginie Malherbe, Conservatrice de Châteauneuf.

(Cliquer sur les photos pour les agrandir)

"L'histoire de Châteauneuf commence vers 1150. Un seigneur local, Jean, possède un château à Chaudenay, un lieu très encaissé. Pour améliorer la défense de son territoire, il aménage à quelques kilomètres du siège de son domaine un éperon rocheux en surplomb de la vallée de la Vandenesse pour en faire une place forte. Cette halte sur les chemins, au croisement d'anciennes routes et de voies romaines, avec un large point de vue sur le paysage environnant, devient un petit bastion, "castellum novum".

A la fin du 12ème siècle, Jean, fils cadet du seigneur de Chaudenay, s'installe comme seigneur de ce nouveau site. Il en fait alors sa résidence principale, un "castrum novum", un château neuf. Jean devient Jean 1er de Châteauneuf.

Aucune trace de cette époque n'est aujourd'hui visible sur les bâtiments existants. Rien de surprenant car il était alors courant, pour de telles fondations, de se contenter de constructions en bois.

 

Château de Châteauneuf - Le donjon et son annexe vus de l'Est

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2015

Au cours du 13ème siècle la famille de châteauneuf assure peu à peu sa position. Plusieurs pièces d'archives indiquent qu'elle sert fidèlement les ducs de Bourgogne et organise son domaine. Une tour carrée en pierre bien visible s'élève alors sur l'éperon rocheux. Elle est entourée d'une enceinte. Des bâtiments annexes aujourd'hui disparus y prennent place. Les seigneurs cherchent aussi à développer le village. Dans la plaine ils fondent une maison-Dieu, l'hôpital Sainte-Marie-Madeleine, auquel ils associent une ferme. Un petit ermitage est installé dans la forêt. En 1267, Jean III de Châteauneuf affranchit le bourg: les habitants lui versent un impôt régulier et sont incités à rester. Au milieu du 14ème siècle, le château est doté de nouveaux éléments défensifs: une enceinte close de hautes courtines, flanquée de tours massives en fer-à-cheval, et précédée, sur ses flancs nord et est, d'un fossé taillé à même le roc.

 

L'entrée principale au pont-levis

© Frédéric Chomard

 

Les seigneurs de Châteauneuf participent activement à la vie religieuse locale. Outre leur fondations personnelles - la chapelle du château et l'église du village - ils font des dons à l'abbaye de la Bussière, où est probablement inhumé Jean 1er de Châteauneuf, d'après la tradition des seigneurs de Chaudenay. L'église de Vandenesse-en-Auxois, qui accueille les sépultures de Jean III, sa femme et ses deux fils, bénéficie aussi de leur largesses, comme l'abbaye de Cîteaux et la cathédrale d'Autun, où repose Pierre de Châteauneuf et sa famille."

 

La cour avec la chapelle, vues du chemin de ronde

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

La cour en direction de la tour carrée

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Catherine de Châteauneuf: un procès spectaculaire

Le procès et la condamnation de Catherine de Châteauneuf, héritière de la seigneurie, satisfont tous les amateurs de faits divers: amours illicites, morts suspectes... La réalité du 15ème siècle est difficile à saisir aujourd'hui: on ne saura jamais si Catherine a réellement ou non empoisonné son mari. En revanche, les archives comme les bâtiments du château l'atteste: au 14ème et au début du 15ème siècle, Châteauneuf est un domaine bien administré par ses seigneurs. Des aménagements défensifs conséquents sont réalisés au château, probablement sous ponce de Châteauneuf (après 1330 - avant 1390). Parallèlement, le bourgse développe. Au début du 15ème siècle, Guy II (vers 1390-1441) et son frère Girard sont des figures importantes de la région, participant aux campagnes militaires du Duc. Le changement de propriétaire, passant de la famille des Châteauneuf à Philippe Pot, est inattendu et brutal.

 

(©Michel Barastier, "Châteauneuf aux vents de l'Histoire", P.38)

 

Philippe Pot, seigneur du château

En 1460, Philippe Pot prend officiellement possession du fief de Châteauneuf. Il est le petit-fils de Reignier Pot, chambellan du Duc de Bourgogne Philippe le Hardi et seigneur de La Rochepot. Né en 1428, Philippe porte le même prénom que son parrain: le Duc de Bourgogne Philippe le Bon. (...) En 1493, Philippe Pot meurt à Dijon. Il a tout pévu pour ses obsèques depuis plusieurs années: un magnifique tombeau l'attend à Cîteaux, une des plus prestigieuses abbayes de Bourgogne. Conservé jusqu'à la Révolution, il orne à présent les salles de sculpture du musée du Louvre.

 

Tombeau de Philippe Pot, Musée du Louvre

(© photo: Wikimedia Commons, Poulpy)

Une effigie idéalisée de Philippe Pot, sculptée et peinte avec précision, repose sur une dalle portée par des pleurants, comme s'il partait pour sa dernière demeure. L'accent est mis sur les blasons de sa famille, arborés par les pleurants et sur toute la symbolique héraldique de la fin du Moyen Âge: Philippe Pot, gisant, est revêtu d'une armure, comme un chevalier. Ses couleurs s'affichent partout. Un long texte gravé sur le côté de la dalle, probablement composé par lui, résume sa vie et ses actions au service des ducs de Bourgogne, puis du roi de France. Souhaitait-il laisser une bonne image de lui-même afin de passer à la postérité? on ne le saura jamais. Le seul moulage existant de cette oeuvre est aujourd'hui présenté au château de Châteauneuf.

 

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Une petite propriété dans le grand domaine des Montmorency

Philippe Pot n'était pas marié et n'avait pas d'enfants. A sa mort, son frère Guyot, puis son neveu Régnier héritent du château, qui revient ensuite à la fille de celui-ci, Anne, épouse de Guillaume de Montmorency. Leur propre fils, Anne de Montmenroncy, agrandit le domaine. (...) A partir de 1567, date du décès du connétable, sa veuve Madeleine de Savoie réside parfois à Châteauneuf et rétablit le culte de la chapelle. Lors des guerres de Religion, en 1590, le château, dont Charles de Montmorenccy a fait une place forte de la ligue, est assiégé par les troupes fidèles à Henri IV, comme beaucoup de châteaux en Bourgogne à cette époque troublée.

 

Logis des hôtes

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2015

 

Logis des hôtes

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2015

 

Logis des hôtes - Intérieur, pièce de droite

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2015

 

Logis des hôtes - Salle dite de "L'écorché architectural"

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2015

 

Une villégiature de choix pour la famille de Vienne

En 1627, Châteauneuf est vendu à Charles de Vienne, seigneur de Commarin, propriétaire de plusieurs domaines, cumulant de hautes fonctions en Bourgogne et au-delà. Le château reste dans la famille jusqu'en 1769, date à laquelle il est vendu à Jean Pâris de Montmartel, banquier, et passe à son fils, Armand-Louis Pâris de Montmartel, personnage connu pour sa vie dissolue. Ces derniers n'ont jamais résidé à Châteauneuf, laissant la dernière descendante des Vienne, Marie Comeau, y finir sa vie en 1777.

Au cours du 17ème siècle, le château médiéval est en grande partie réaménagé. Ainsi le premier étage de la tour maîtresse reçoit-il un décor spécifique incluant les portraits des commanditaires. Installée au premier étage de la tour carrée, partie la plus ancienne du château (12ème - 13ème siècles), la chambre dite "de Vienne" conserve aujourd'hui des éléments témoignant de cinq siècles d'utilisation.

 

Le logis principal - La grande salle

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Chambre de Vienne

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Un domaine de campagne pour la famille de Vogüé

(...) En juillet 1782, le château et les terres sont acquis par Jacques-François de Damas, marquis d'Antigny, propriétaire de Commarin par héritage. Sa petite-fille se marie avec un Vogüé et le château passe dans cette famille en 1802.

 

Un monument historique ouvert au public

(...) En 1894, le château est classé au titre des Monuments historiques, à la demande du propriétaire, Arthur de Vogüé. Dès lors il est l'objet d'attention de la part de l'Etat. L'architecte des Monuments historiques, Charles Suisse, effectue les premiers travaux de consolidation en 1902.

(...) La cession de l'édifice au conseil régional de Bourgogne en 2008 ouvre le site au spectacle vivant et à la création contemporaine régionale.

 

Petits appartements - Grande chambre vue d'ensemble

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Appartement 15ème: pièce d'eau avec latrine et coussiège

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Combles: au-dessus du grand logis.

Profil de la moulure de la fenêtre

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Combles: au-dessus du grand logis.

Tour sud-ouest: vue de la charpente

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Peinture monumentale Le Christ et les apôtres: Saint André, détail du visage

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Combles: charpente de la tour carrée

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Tenture de la vie de Moïse: Les hébreux rassemblent devant Moïse et Aaron la vaiselle d'or des Egyptiens

© M.ROSSO, Ministère de la culture et de la communication - DRAC de Bourgogne - SRI, 2014

 

La chapelle, un exceptionnel bâtiment des années 1280

La chapelle du château est sans doute la plus étonnante des redécouvertes. Les archives indiquaient qu'elle avait été reconstruite sous Philippe Pot, soit en 1480. Et la qualité des peintures qu'elle recèle incitait à y voir une réalisation majeure de ce commanditaire. Mais les sondages dendrochronologiques ne laissent aucun doute: la charpente remonte à la fin du 13ème siècle. Ce trésor historique et technique est dissimulé sous les lambris modernes du plafond. Les lignes horizontales et verticales dessinées par les fermes principales, pièces maîtresses des triangles de la charpente, sont seuls visibles.

 

Vue d'ensemble de la chapelle

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

 

 

La dendrochronologie effectuée sur la charpente a permis de dater la construction de la chapelle

Christophe Perrault, dendrochronologue, a prélevé une dizaine d'échantillons dans la charpente en chêne. Il a analysé les cernes de croissance du bois, caractéristiques de la vie de l'arbre, pour les comparer à des séries qui ont déjà été repérées dans le temps. La Bourgogne-Franche-Comté a la chance de posséder des référentiels très complets car les premières études dendrochronologiques françaises ont été réalisées à Besançon. Il peut ainsi affirmer que certains arbres ont été abattus durant l'automne-hiver 1280-1281. Il a pu observer l'assemblage de la charpente, les réparations qu'elle avait subies, et reconstituer ainsi une partie de son histoire.

 

© C.E.D.R.E - Christophe Perrault, 2016

 

Vous pouvez télécharger ici des extraits de l'étude de dendrochronologie de Christophe Perrault effectuée en 2016 sur des poutres du château
Dendrochronologie Château de Châteauneuf[...]
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Le logis des hôtes: détail d'un animal (singe) sculpté dans les moulures

de la porte d'entrée principale.

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

Fenêtre du mur sud surmontée d'une accolade sculptée d'un escargot.

© T.KUNTZ, Service Inventaire et Patrimoine, Région Bourgogne-Franche-Comté, 2014

 

© photo: Frédéric Chomard 2017

 

 

 

Le château aujourd'hui

(©Michel Barastier, "Châteauneuf aux vents de l'Histoire")

Plan au sol du château

"Kunstdenkmäler in Burgund". Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt 1991)

 

Plans intérieurs du château

(© Michel Barastier, Châteauneuf aux vents de l'Histoire, P.159-160)

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