Les cloches de l'église

© photo: Jean-Michel Bagatelle

 

Aucun document, antérieur au XVIème siècle, ne fait allusion aux cloches de l'église. Ce n'est en effet qu'en 1544 qu'il est précisé que les prêtres du mépart doivent dire et chanter le libera, sous les cloches, après la messe de fondation. Il faut attendre, ensuite, près de 50 ans pour apprendre que le 6 février 1592, les habitants durent emprunter 800 livres pour les réparer et procéder à leur réachapt, suite aux sérieux dommages causés à l'église (et au village) par les troupes ligueuses, conduites par Charles de Villeneuve contre Châteauneuf rallié à Henri IV.

En 1630, il est fait mention d'une grosse cloche que l'on sonne pour la messe de la fondation Millot, mais qui sert également pour annoncer la Grand'messe du Rosaire et celles des fêtes de Notre Dame."

(Michel Barastier, Châteauneuf aux vents de l'Histoire, P.196)

 

En 1720 il y avait dans le clocher quatre cloches d'un poids total de huit mille livres. Dans la nuit du 28 juillet 1779, la foudre tomba sur le clocher et la charpente prit feu, faisant fondre les cloches qu'on se hâta de remplacer. En 1789, survint la Révolution qui elle aussi fit fondre les cloches mais pour en faire des canons. Il n'en resta qu'une brisée par la foudre en 1834 et en 1897. Chaque fois, elle fut refondue. La cloche du Saint-Esprit datant de 1526 et la cloche Jacobus de Vienne de 1593 sont classées aux Monuments historiques.

 

 

Description des cloches

(Source texte: Michel Barastier, "Châteauneuf aux vents de l'Histoire", P.198, avec l'aimable autorisation de l'association "Les Amis de Châteauneuf")

© photo: Jean-Michel Bagatelle

La cloche du Saint Esprit:

C'est la plus ancienne et la plus curieuse par son origine dijonnaise. Cette cloche sert actuellement de timbre à l'horloge communale. Elle sonne de nos jours, du côté de l'évangile. Elle accuse 0,90m de hauteur et 1,10m de diamètre à sa base. L'inscription en lettres gothiques, est aujourd'hui à demi effacée. On en possède cependant le relevé comme suit: L'an mil cinq cent vingt et six fut faite cette cloche nommée Marie Aglantine de Noydent par frère Dominique Richard. Que la grâce du Saint Esprit nous assiste J'espère mieux ... (suivent des abréviations difficiles à identifier) - peut-être S(igilum) O(rvidus) - sceau de l'ordre du Saint Esprit et sceau d'Aglantine, avec représentation d'un personnage sous un dais - F(ondue) P(ar) Mignot b.f.i.v. entre deux médaillons représentant un homme barbu (peut-être Dieu le Père) et un deuxième personnage (peut-être la vierge et l'enfant Jésus). Suit l'inscription latine: MENTEN. SANCTAM. L. SPONTANEAM. DEO ET. PATRIE LIBERACIONEM. qui est une inscription campanaire courante.

Cette cloche fut fondue pour l'Hôpital du Saint Esprit de Dijon, en l'an 1526, par frère Dominique Richard, 22ème commandeur de l'ordre (1525-1543). Elle porte le sceau de cet hôpital, fondé en 1204 par le duc de Bourgogne Eudes III, selon Courtépée. Elle est à double croisillon surmonté de deux têtes couronnées représentant le Père et le Fils au dessus desquels est une colombe représentant le Saint Esprit, et porte l'inscription en gothique: SIGIL. ACTI. SPTUS. DE DIVIONE. LINGONENSIS DIOCESO soit: Sceau du Saint Esprit de Dijon en diocèse de Langres.

Cette cloche, installée au clocher de Châteauneuf en 1780, dut servir de timbre à l'horloge communale de 1793 à 1806 sur une tour du château. Elle fut ensuite remise à l'église où elle sonne pour les offices.

 

Détails situés aux quatres côtés de la cloche (taille: environ 4cm). Cliquer pour agrandir                                                        © photos: Frédéric Chomard

 

© photo: Jean-Michel Bagatelle

La cloche Jacobus de Vienne:

Elle porte pour seule inscription ces quelques mots, en écriture gothique: JACOBUS DE VIENNA VIVE . UT. POST. VIVAS. et la date de 1583.

Au dessous de la date, on voit les armes de VIENNE (un aigle au vol "éployé") et, plus bas encore, figurent le Christ en Croix, la Sainte Vierge et un évêque. Elle pèse entre 150 et 200 livres. D'où vient-elle?

En 1586, Magdeleine de Savoie, veuve du connétable Anne de Montmorency, était usufruitière de la seigneurie de Châteauneuf (qui venait de Philippe Pot) laquelle passa, ensuite, à son 3ème fils, Charles de Montmorency, puis aux Luxembourg avant d'être vendue aux Vienne. Mais la famille de Vienne, qui possedait Commarin, n'acheta Châteauneuf que le 28 septembre 1627. Dans ces conditions, la cloche ne viendrait-elle pas de la chapelle du château de Commarin où elle aurait été placée par les Vienne (puisqu'elle porte le nom de l'un d'eux)? Par la suite elle fut prêtée en 1779, par le comte de Damas; à la paroisse, lors de l'incendie du clocher. Le 11 août 1806, le comte la redemandait à la municipalité.

 

Détails situés aux quatres côtés de la cloche (taille: environ 7cm). Cliquer pour agrandir                                                        © photos: Frédéric Chomard

 

 

© photo: Jean-Michel Bagatelle

La grosse cloche:

Brisee par la foudre en 1834, elle fut aussitôt refondue. D'un poids de 1225 kilos, elle portait pour inscription: L'an 1834, j'ai été bénite par Monsieur Nicolas Auguste Bourceret, Curé de Châteauneuf, sous l'invocation de Sainte Marguerite. J'ai eu pour parrain: César Laurent, Comte de Chatellux et pour Marraine Marguerite de Chatellux. - Vincent fondeur à Artonnay (Yonne).

Refondue, comme nous venons de le voir, en 1834, cette cloche fut brisée, de nouveau, en 1896. Naturellement refondue pour la seconde fois, elle est aujourd'hui située du côté de l'épître et porte l'inscription suivante:

1ère ligne: BENEDICITE . DOMINO . LAUDATE . ET . SUPER . EXALTE . E . UM . IN . SAECULA. JE . M'APPELLE MARGUERITE . MARIE . ARTHUR .

2ème ligne: J'AI ETE BENITE PAR MGR. FREDERIC HENRY OURY . EVEQUE DE DIJON. LE XI OCTOBRE MDCCCXCVI

3ème ligne: J'AI EU POUR PARRAIN: ARTHUR COMTE DE VOGÜÉ ET POUR MARRAINE: MARIE DE CONTADES COMTESSE DE VOGÜÉ.

4ème ligne: J'AI ETE REFONDUE ET AUGMENTEE A LA SUITE D'UN DON FAIT PAR ANNE QUIGNARD DAME BOCHOT.

5ème Ligne: LEON BONNARD ETANT CURE DE CHÂTEAUNEUF, SEGUIN-ROZE: MAIRE, CHARLES DONNET: PRESIDENT DU CONSEIL DE FABRIQUE. En haut de cette inscription, on lit également: LEON XIII PAPE - A. FARNIER FONDEUR.

En dessous, on voit Notre Seigneur en Croix, St Joseph, St Philippe, Ste Anne, St Jacques, et la Sainte Vierge. A son plus grand diamètre, cette cloche mesure 1,31 m et sa hauteur accuse 1,31 m également. Quant à son poids, il est de 1307 kilos, plus le battant de 93 kilos. La refonte de 1897 coûta à la commune la somme de 1009,30 fr.

 

Détails situés aux quatres côtés de la cloche (taille: environ 15cm). Cliquer pour agrandir                                                      © photos: Frédéric Chomard

 

Aujourd'hui, seule une cloche sonne l'heure (la moyenne), les jougs (partie en bois à laquelle est fixée la cloche, lui permettant de se balancer) de deux des trois cloches devant être remplacés car ils menacent de se briser sous le poids de celles-ci. Une expertise a constaté une faiblesse du bois, surtout au niveau de ses noeuds.

 

La commune a donc décidé de collecter des dons privés afin de pouvoir effectuer les travaux de restauration nécessaires estimés à 12 000€. A cet effet vous pouvez vous reporter à la partie "Mairie / Projets" (cliquer sur le bouton). Un dossier est en cours avec la Fondation Patrimoine, et vous pourrez bientôt nous soutenir en procédant à un don en ligne.

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