L'Ermitage Saint-Julien


Situé à environ 1200 mètres au nord du village, l’Ermitage Saint-Julien est implanté dans la forêt des « Grands Bois », à 510 mètres d'altitude. Il est accessible depuis la voie romaine qui prend naissance sur la Chaume, au-delà de la porte Nord.

 
"Il fut fondé au XIIIème siècle par les seigneurs de Châteauneuf pour deux ermites. A proximité se trouvait le cimetière des pestiférés. De cette époque date les vestiges de la chapelle, notamment le portail à coussinets orné de chevrons. Cependant, le profil des nervures du chœur, le décor des culots et de la niche témoignent d'une transformation de l'édifice à la fin du XVème ou au début du XVIème siècle. Les autres bâtiments, dont les portes présentent un linteau délardé en arc segmentaire, et le mur d'enceinte, semblent avoir été construits au XVIIIème siècle : vers 1730, l'ermitage désaffecté était occupé par un jardinier, le comte de Vienne ayant "fait de cette solitude une retraite délicieuse par les charmilles, les arbres fruitiers, les fleurs et les potagers", selon Courtépée, qui mentionne le pavillon et la citerne. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, il était transformé en ferme. En 1940, la charpente et la couverture du chœur étaient encore en place, les voûtes bien conservées ainsi que tous les culots et deux consoles sculptées disparues depuis ; des peintures murales étaient visibles sur les murs sud et est, et au sol, des dalles funéraires datées de 1546 et 1586, une autre gravée d'une croix fleuronnée."

Extrait de Base MERIMEE - Etat français - Bâtiments classés monuments historiques
Extrait de "Châteauneuf aux vents de l'Histoire", Michel Barastier

Le petit domaine de Saint-Julien s'étend sur une superficie de 78 ares. A l'intérieur de son plan, en forme approximative de pentagone irrégulier, on trouvait autrefois :

  • une chapelle, précisément placée sous le vocable de Saint-Julien,
  • un petit bâtiment contigu, au sud-ouest, dont la destination nous échappe,
  • un autre petit corps de bâtiment, au nord-est (séparé de la chapelle par une cave et un four - voir plan), traditionnellement dénommé "dépositoire",
  • isolée, au sud-ouest, la maison du garde,
  • un petit atelier, en angle nord.

Sur le reste de la propriété sont présumés :
à l'ouest de la chapelle, l'ancien cimetière des pestiférés, et au sud-est de ladite maison du garde, le jardin potager.
L’ermitage était ensuite semble-t-il devenu une léproserie, un hospice pour pestiférés.

De nos jours, il ne reste que quelques éléments pouvant rappeler la beauté du site d'antan. En 1940, Marcel Commissaire, accompagné de Monsieur Mayer, instituteur en retraite de Châteauneuf, avaient eu plus de chance, puisque la majeure partie des bâtiments étaient encore debout, y compris le toit en laves de la chapelle. Ainsi, Monsieur Commissaire rapporte dans un compte-rendu du 4 décembre 1940 les détails suivants :
"Chapelle d'extérieur très rustique ; ni parvis, ni clocher ; toit de laves ; contreforts lézardés ; murs gris au crépis ruineux ; l'entrée, dont l'arc brisé est intact, souligné de rouge, est à demi obstrué par un mur dans lequel est pratiqué une porte. Nous descendons deux marches ; il nous est alors donné d'admirer l'élégance et la finesse des arcs brisés soutenant la voûte bien conservée ; les joints des moellons sont marqués à l'ocre rouge. Six corbeaux historiés, dont quatre d'angle et deux consoles attirent notre attention."

Dans ses bulletins paroissiaux des années 1920, l'abbé Landrot indique :

"En 1671, frère Augustin était "hermite" à Saint-Julien ainsi que François Berler (ou Bertin), prêtre". Il précise que "Frère Henry ... d'Annecy, en Savoie, fut inhumé en l'église de Saint-Julien". Enfin il ajoute en mars 1920 "On démolit une partie des constructions de Saint-Julien."